Délégationde l’Ain

Témoignage

Vivre la fracture numérique

Vivre la fracture numérique

Il semble que les personnes en rupture avec les outils du multimédia sont principalement celles dont les moyens financiers sont les plus réduits. Leur vie est souvent subordonnée à une mise à jour régulière de leur situation auprès d’un organisme payeur comme la CAF ou Pôle emploi. Pour l’heure, ces derniers offrent encore la possibilité d’opérer ce type d’opération par téléphone ou par courrier, mais chacun sait que ces modes de fonctionnement vont être amenés à disparaître.

Les différentes structures invitent progressivement le public à s’adapter à un mode de communication informatique, irrémédiablement voué à devenir universel dans un proche avenir. De ce fait, la fracture numérique devient peu à peu une fracture sociale, car on souffre toujours d’être, contre son gré, en retard sur son époque, et dans l’ignorance de choses que l’on imagine être les seuls à ne pas connaître.

En outre, chacun est conscient qu’à défaut d’employer régulièrement l’outil informatique, ce retard ne fait que s’affirmer.

La CAF et les agences Pôle emploi mettent à la disposition du public du matériel informatique. Malheureusement, ces mêmes personnes se trouvent être en décalage avec l’utilisation de ce matériel. Certes, sur place, des agents sont présents pour proposer leur aide, mais il y a du monde en attente, et d’ailleurs, le simple fait d’être obligé de se déplacer, ajouté à l’incapacité d’être autonome, ne fait qu’accroître un sentiment de marginalisation déjà prégnant.

Il y a quelque temps, j’ai eu besoin d’un justificatif auprès de mon bailleur, qui n’a proposé de m’envoyer celui-ci que par mail, rechignant à le faire par voie postale. Je n’ai pas d’imprimante connectée à mon ordinateur, et malgré mon insistance, je n’ai jamais pu obtenir ce document.

Ces dernières décennies, avec le développement considérable du multimédia, un vocabulaire nouveau s’est développé peu à peu. Ainsi, au quotidien, sont employés des termes liés à ce langage propre à l’informatique et à internet.

De leur côté les médias ne sont pas en reste, car ils utilisent constamment ces termes qui, ajoutés à ceux du téléphone portable, modifient pour beaucoup la clarté du langage, laissent pour compte ceux qui n’ont pas accès au numérique, et restent sans grande considération pour ceux (équipés ou non) pour qui ce mode d’expression demeure totalement ésotérique…

Gilles Strub

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