Délégationde l’Ain

Parole de Gilles : la solitude...ma solitude

Au Secours Catholique, il existe 1000 manières de se mettre au service des plus fragiles, des plus petits, des plus précaires... Gilles nous fait le cadeau des mots, le cadeau de mettre par écrit ce que de nombreuses personnes vivent sans pouvoir ni le dire ni le faire savoir...parce qu’il sait de quoi il parle !

LA SOLITUDE…

Nous en faisons tous l’expérience à certains moments de notre vie. S’il existe un sentiment dont on peut dire qu’il nous concerne tous, c’est bien celui de la solitude…

seul...

La propension de chacun à pouvoir la supporter est très étagée, car elle est subjective et nous la ressentons tous d’une manière différente.

Notre société a une responsabilité dans cette affliction, et même, en rajoute ; avec tous ces réseaux sociaux qui me laissent croire que les autres sont très entourés et mènent une vie formidable. Ces mêmes réseaux sociaux qui me permettent de me connecter à la terre entière et d’avoir des centaines d’amis, alors que mon téléphone ne sonne jamais…

Quand j’y pense, je me sens encore plus seul. Pourquoi en suis-je encore là, alors que j’entends dire sans cesse qu’avec les moyens d’aujourd’hui, il est si facile d’en sortir… C’est pour moi la double peine… Je suis sans doute le seul coupable de ma situation car, de toute évidence, les autres savent s’y prendre, puisqu’ils ont des relations et ne sont jamais seuls… Alors, comme trop souvent, dans ma tristesse, je m’enfonce encore dans le souvenir des bons moments du passé, comme s’il ne m’était dorénavant plus possible d’en vivre d’autres…

…et si la réalité était plus prosaïque… Je crois que, tout simplement, les années ont passé et que la vie et les évènements qui se succèdent, nous changent considérablement. Ce bonheur d’antan me conviendrait-il encore, maintenant ? Ces amis d’« avant » le seraient-ils encore aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr ; ce changement qui peut s’opérer en nous est souvent sournois et il prend son temps…

Alors je tente d’en finir avec ces états de mélancolie trop répétitifs, qui me laissent croire que je suis indigne d’aller vers les autres, ajoutant ainsi à mon désarroi… Il me semble désormais inutile de m’attarder indéfiniment sur une vie qui ne pourra plus jamais être la même. A quoi bon m’enivrer de pensées qui n’arrangeront jamais rien, ou pire encore, m’enivrer d’alcool comme je m’en suis malheureusement trop souvent leurré… Assez de temps perdu…

Quant à cette vie des autres, tellement idéale ; si elle n’était qu’une vitrine, un mensonge qu’ils se font à eux-mêmes pour tenter de nier leur propre solitude ?... Je vais donc réagir et en finir avec cette image qu’ils me renvoient tous ; j’ai décidé d’en revenir à la réalité et ne plus comparer ma vie à celle « supposée » des autres. Pour ce qui est du passé ; il est derrière moi. Désormais, c’est l’avenir qui doit m’importer. Je vais donc essayer d’apprendre à faire de ma solitude une alliée ; alliée que, paradoxalement et pour mon salut, je m’évertuerai à fuir… Pour cela, il est nécessaire de m’ouvrir à un monde nouveau et d’établir des contacts, quitte à quelque peu « forcer » ma nature… Que ce soit en m’engageant dans du bénévolat, du sport ou du théâtre, mais surtout, sans avoir peur d’échouer ; tout le monde n’est pas destiné à devenir un ami ou un proche, il ne me faut donc pas renoncer dès les premiers échecs… Il faut parfois se forcer pour aller vers les autres et, sans jamais baisser les bras, s’appliquer à ne plus vivre dans le passé...

Je pourrais toujours m’en vouloir de n’avoir pas réagi, mais je ne regretterai JAMAIS d’avoir essayé d’en sortir…

Gilles Strub

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