Délégationde l’Ain

La pauvreté cachée

Une réalité discrète mais bien présente

Un matin d’avril, Henri, bénévole au Secours Catholique, croise le policier municipal. Ce dernier lui raconte la requête d’une dame de 50 ans, venue l’aborder et le solliciter pour ses deux chats et son chien, car elle ne pouvait plus les nourrir. Cette dame semblait exténuée et le policier municipal demande à Henri s’il a la possibilité d’aller vérifier la gravité de la situation.

À 4, 6, 8 mains, pas à pas…

publié en décembre 2018

Henri et le policier municipal partent tous les deux, la dame leur ouvre sa porte. Henri découvre le contexte, une femme épuisée, un appartement en désordre, des animaux faméliques.

L’électricité est coupée, juste un câble pirate qui permet d’avoir une lumière et de chauffer un réchaud !

Henri resté seul commence un long entretien avec Sandrine, qui expose sa situation : voilà un an, elle a eu un accident, après l’hôpital, elle a été licenciée pour inaptitude. Dépression, elle s’enferme chez elle… Les droits aux allocations chômage suspendus, plus de revenu depuis six mois, trop de fierté pour demander de l’aide, la situation financière est catastrophique !
Les dettes de loyer, d’électricité, se sont accumulées.
Elle n’a plus de quoi manger, elle se nourrit de ce qu’elle trouve, où de compléments alimentaires prescrits par son médecin.

Notre bénévole, après plusieurs visites, gagne la confiance de Sandrine, finit par la convaincre d’aller jusqu’à la boîte aux lettres, pour ramasser le courrier accumulé depuis plus de cinq mois ! Ensemble ils ouvrent ce dernier, classent les priorités.

Objectif : rassurer et mettre en place une stratégie de protection de Sandrine et de ses animaux. Henri se démène et alerte les services sociaux, la mairie et surtout l’équipe de secours pour l’accompagner ensemble. Les missions urgentes : donner à manger, faire rétablir le courant, prendre rendez-vous avec les acteurs sociaux et activer les droits sociaux. Pour chaque démarche, un bénévole est proche pour la soutenir et l’accompagner.

Au bout de quelques mois, Sandrine a toujours une sensibilité à fleur de peau, mais elle reprend doucement soin d’elle. Les actions mises en place produisent leurs effets. Elle vient chaque jeudi à l’accueil de l’épicerie solidaire et reste un bon moment pour parler.
Au début d’octobre, alors que tout commence à aller mieux, et que progressivement le sourire revient, une mauvaise nouvelle tombe, son bailleur a obtenu son expulsion.
L’équipe se mobilise de nouveau, mais ceci est une autre histoire…

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