Délégationde l’Ain

Face à l’impuissance devant les situations de précarité, quelles réponses ?

Beaucoup de bénévoles ont exprimé, dans diverses occasions, leur sentiment d’impuissance face à une situation qui paraît sans issue, à une impression de puits sans fond de la misère, à la réaction d’une personne accompagnée qui semble inexplicable…

Pour les soutenir dans leur mission, la délégation du Secours Catholique de l’Ain a choisi d’aborder cette question sous deux angles, l’un technique et l’autre spirituel, témoignant par là que ces deux aspects sont complémentaires et indissociables dans toute relation d’aide fraternelle.

Halte spirituelle

publié en février 2018

La réponse technique a pris la forme d’une journée de formation qui s’est déroulée le 5 décembre 2017, animée par Sylvie Pambet sous le thème : « Comment dire non, comment gérer l’agressivité… La posture des bénévoles dans les moments inconfortables ».
En s’appuyant sur des situations réellement rencontrées dans les équipes, rejouées sous forme de scénettes, les quinze participants ont pu se laisser interpeller et transformer leurs postures. D’autres ateliers ont permis de prendre conscience de nos réactions face au « non » de l’autre, de les relire, de les comprendre et après cette journée, peut-être parfois de décider de faire autrement…Les participants sont repartis avec la certitude que ce ne serait qu’en équipe qu’ils pourraient s’entraider pour trouver, selon les personnes fragilisées rencontrées, la bonne attitude, forts de toutes les techniques entendues.

En complément de cette journée s’est déroulée le 8 février 2018 la halte spirituelle qui a réuni une trentaine de personnes dont quelques membres de la pastorale de la santé et de JRS Welcome.

Cette journée fut d’une grande richesse et profondeur.
Par la qualité des partages vécus au sein de petits groupes, qui ont permis à chacun de pouvoir confier une situation d’impuissance dans un climat d’écoute et de bienveillance.
Par la remontée au grand groupe des convictions élaborées à partir de ces partages : savoir se protéger, ne pas rester seul, s’engager malgré l’impuissance, accepter la différence, la place du cœur et de la raison…

Une journée d’une grande richesse et profondeur également dans l’enseignement proposé par le père Emmanuel Faure, qui nous a dit l’importance de pouvoir verbaliser sa souffrance, de s’appuyer sur l’équipe notamment dans le cadre d’une relecture et de trouver une juste distance face à l’émotion qui nous envahit parfois. Il nous a même invités à regarder l’impuissance comme normale, voir bonne. En effet, cela permet de manifester notre compassion et de nous mettre en garde face à une posture de sauveur. Notre impuissance est signe du respect de l’autre. Je me tiens auprès de lui au seuil de sa volonté. Enfin dans l’ouverture à une dimension spirituelle, il nous a présenté l’impuissance comme la participation, la communion à Dieu, le Père tout puissant. Une toute puissance qui est relationnelle et non pas une puissance totale et écrasante. Une toute puissance qui (n’) est (qu’) une capacité à faire exister pleinement l’autre.

Cette journée s’est conclue par une Eucharistie, chaque participant repartant avec une colombe sur laquelle était inscrite au verso la phrase « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (Saint Paul, 2e épître aux Corinthiens). Au verso, se trouvait un fruit de cette journée sur lequel chacun pourra s’appuyer pour vivre au mieux sa mission auprès des personnes les plus fragiles.

Aux dires des participants de ces deux journées, cette initiative mérite d’être renouvelée dès l’année prochaine !

Bénédicte Duthoit et Tanguy Cambier

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